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En 20 ans, l'Ensim a formé 600 ingénieurs - Ouest France Le Mans

L'École Nationale Supérieure d'ingénieurs du Mans s'est installée sur le campus en 1995.
Elle propose deux spécialités : "Vibrations, acoustique, capteurs" et "informatique".

Entretien
Pascal Leroux
Directeur de l'École Nationale Supérieure d’ingénieurs du Mans depuis sept ans.

L'Ensim fête ses 20 ans cette année. Racontez-nous, en quelques dates...
Les premiers élèves ingénieurs en "Systèmes de mesures, vibrations et acoustique"sont rentrés en septembre 1995 à l'IUT (Institut Universitaire Technologie). Le bâtiment n'a été construit que deux ans plus tard. Avec une architecture (verre, béton et métal) alors très en vogue aux... Antilles.
   C'est une école publique, interne à l'Université du Maine, recrutant à bac + 2. L'avantage ? Nos élèves peuvent bénéficier de tous les services universitaires : bibliothèque, service médical et social, sport...Et on s'appuie sur cinq laboratoires de l'université : l'acoustique, l'informatique, les mathématiques, l'institut des molécules et matériaux et le centre de recherche en éducation. la moitié des enseignements se font en travaux pratiques.

14 novembre 2009 : c'est une date importante pour l'école...
Oui, c'est l'arrivée de Nao, le petite robot. Nous étions la première école d'ingénieurs à en avoir un. Il faut dire que l'un des concepteurs était un ancien élève de l'école ! Nous en avons acheté un deuxième, l'an passé. En 2009, on a aussi ouvert notre deuxième spécialité : l'informatique.

2011 : l'Ensim entre dans le concours post-bac Geipi-Polytech et créée un cycle préparatoire ?
29 écoles d'ingénieurs, dont l'Ensim, proposent un même concours d'entrée. Les candidats font leur choix et sont affectés en fonction de leur classement. C'est aussi l'année où a démarré notre cycle de deux années de prépa qui se déroulent principalement à l'IUT et à la fac de science. Mais on y apporte notre touche d'exigence. Pas d'équivalence, par exemple. On veut que ces étudiants qui s'y forment après leur bac soient prêts pour affronter la suite.

2013 : vous accueillez des étudiants à dominante... Littéraire ?
Oui, avec un concours ouvert à ceux qui ont fait une prépa littéraire Khâgne BL (lettres et sciences sociales). Ces élèves mi-matheux, mi-littéraires, ont des profils intéressants pour la spécialité informatique, particulièrement l'option "interaction Personnes Systèmes".

2014 : possibilité de se former par alternance ?
Douze étudiants ont démarré en septembre en "vibrations, acoustique, capteurs". Nous avions 17 entreprises prêtes à en accueillir ! Le principe ? Ils passent deux semaines chez nous et deux semaines en entreprises : Airbus, PSA, NTN, EDF, Claas Tractor... Ils ont le statut d'apprenti, sont payés, et passent le même diplôme que les autres.
On ouvre à 24 nouveaux étudiants l'an prochain. Ça peut vraiment jouer le rôle d'ascenceur social pour des jeunes. Et c'est, pour nous, une manière de garder de l'avance : nous sommes les seuls à avoir cette spécialité en France.

Pourquoi ne figurez-vous pas dans le palmarès des écoles d'ingénieurs de l'Étudiant ?
Parce qu'on ne répond pas aux enquêtes ! Ces études ne prennent en compte que des chiffres bruts. on ne peut donc pas rivaliser avec Polytechnique, qui a fêté son bicentenaire, ou l'École centrale. Ells ont formé des milliers d'ingénieurs. Et ne recrutent que des mentions "très bien" au bac S ! Nous, nous préférons parler de ce dont on est fier, comme ces quatre étudiants pris en stage au MIT (Massachusetts Institute of Technology). L'un d'eux y travaille aujourd'hui !

Laurence PICOLO. (Ouest France)