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MAINE LIBRE - L'ENTRETIEN DU LUNDI

"NOS ÉTUDIANTS INTÉRESSENT DE NOMBREUSES ENTREPRISES"

L'école Nationale Supérieure d'Ingénieurs du Mans (ENSIM) fête ses 20 ans. L'occasion de revenir avec son directeur, Pascal Leroux, sur le profil de cet établissement intégré au campus universitaire.

Propos recueillis par Frédérique BREHAUT (Maine Libre)

Le Maine Libre : Quels sont les points forts de l'ENSIM ?
Pascal Leroux : Depuis la création de l'école en 1995, nous sommes spécialisés en acoustique, vibrations et capteurs, champs auxquels nous avons ajouté l'informatique en 2009. Nous sommes la seul école de France à délivrer une spécialité en vibration. Nous proposons deux cycles : une prépa post-Bac et un cycle ingénieur sur trois ans.

Vos étudiants répondent à quel profil ?
La moitié est issue de la prépa, l'autre moitié vient à parts égales des IUT, BTS ou licences. Cette année, ils sont 206 en cycle ingénieur et 84 élèves en classes préparatoires. Les 2/3 étudient dans les section acoustique.
Nous accueillons entre 70 et 90 nouveaux élèves dont 20 % de fills. La plupart sont scientifiques bien que nous aimerions compter davantage d'élèves de la section Lettres et Sciences sociales, dont le profil nous intéresse. Au regard des besoins, nous ne recrutons pas assez car nos étudiants intéressent de nombreuses entreprises.

Vous attirez des élèves au-delà de la France ?
80 % sont Français dont 20 % issus des Pays de la Loire. Et selon les années, nous recevons entre 20 et 10 % d'étrangers, essentiellement du Cameroun, de Chine ou de Maroc auquel nous lient des partenariats. Nous comptons 30 % de boursiers. Enfin les subventions à hauteur de 200 000 €. Il faut savoir que la formation d'un ingénieur coûte 13 000 € par an.

Pour prétendre à l'ENSIM, il faut être une bête de travail ?
La formation est dure et exige beaucoup. Il faut compter 30 à 35 heures par semaine. Le cursus implique deux mois de stage dont 35 % se déroulent à l'étranger. Enfin, la maîtrise de l'anglais est exigée. C'est le prix de l'excellence. Et si nous sommes sélectifs à l'entrée, c'est parce que notre objectif vise à amener chaque élève au bout de son parcours.

Comment l'enseignement de l'ENSIM évolue-t-il ?
Cette année, nous avons ouvert une formation en alternance pour participer encore davantage à la dynamique de l'acoustique sur Le Mans. Ce système fonctionne très bien ; les étudiants sont épanouis et ravis d'être salariés. Signe du succès de cette formule, nous avons douze élèves pour dix-sept entreprises demandeuses. Nous essaierons de doubler ce nombre d'étudiants l'an prochain.

Dans un domaine concurrentiel, quels sont vos objectifs ?
Nous aimerions stabiliser la promo à une centaine d'élèves par an et poursuivre la formation en alternance. La complémentarité avec le pôle d'excellence qui existe sur l'université du Maine est précieuse. Le LAUM (Laboratoire d'Acoustique du Maine) et son corolaire en informatique, le LIUM, mais encore l'Institut des Molécules et Matériaux du Mans, le CREN (Centre de Recherche en Éducation) ou le laboratoire Manceau de Mathématiques créent une effervescence stimulante autour de la recherche.

AU BOUT DU CURSUS, DES CARRIÈRES PRESTIGIEUSES

Quelles carrières attendent vos anciens élèves ?
Depuis 20 ans, nous comptons 600 diplômés et seuls 1 % étaient à la recherche d'un emploi. En 2013, 60 % ont décroché des contrats en CDI, 13 % des contrats en CDD, d'autres poursuivent par un doctorat.

L'ENSIM ouvre la porte de carrières prestigieuses ?
Chaque année nous avons un élève admis en stage au MIT (Massachusetts Institute of Technology) pour travailler sur le projet Ligo soit la théorie d'Einstein appliquée aux ondes de gravitations cormsiques. À l'issue du stage, trois élèves sur quatre sont embauchés. Une autre élève travaille au nouveau Philharmonique de Paris, un est au Musée de la Musique de Paris, un autre, Ingénieur au centre spatial allemand. Parmi d'autres belles carrières.

Quels sont les secteurs porteurs ?
Seule école spécialisée en acoustique, nous ne recrutons pas assez d'léève par rapport aux besoins. L'évolution des technologies implique des attentes croissantes. L'acoustique ouvre les portes des transports (automobile, ferroviaire, aéronautique), de l'éco-habitat ou des domaines médicaux ou musicaux. En informatique, d'est aussi très varié entre le tertiaire et le multimédia. Cet autre volet de notre formation s'appuie par exemple sur un partenariat avec les MMA.


L'ENSIM AUJOURD'HUI : 300 ÉLÈVES ET 30 ENSEIGNANTS-CHERCHEURS

L'ENSIM accueille, cette année, 206 élèves en cycle ingénieur (bac + 3 à bac + 5), auxquels s'ajoutent les 84 élèves du cycle préparatoire. L'école emploie 30 enseignants-chercheurs et 16 personnels administratifs.
Les jeunes filles représentente 20 % des effectifs, les Sarthois, 10 %, 80 % des jeunes viennent de régions autres que les Pays de la Loire, 10 % sont étrangers, principalement originaires du Cameroun.
Les frais de scolarité s'élèvent à 600 € par an. Ils sont gratuits pour les boursiers.
Les formations de l'Ensim ont obtenu une nouvelle habilitation par la Commission des Titres de l'Ingénieur (CTI) valable jusqu'en 2020.
Les secteurs d'activités des diplômés de l'Ensim, sont pour la spécialité "vibrations" : transports, acoustique environnementale et médicale, éco-habitat, mesure et métrologie. On trouve d'anciens élèves au laboratoire du musée de la musique, au centre spatial allemand...
Dans "l'informatique" : téléphonie, assurances, robotique, aéronautique, télévision numérique... On trouve des diplômés aux MMA (Mutuelles du Mans Assurances), chez Thalès, Capgemini...
deux mois après leur sortie de l'école, en 2013, 75 % des diplômés avaient un emploi.

"UNE SACRÉE EXPÉRIENCE"

Perrin Njoyah Ntafam, 24 ans, étudiant les systèmes embarqués, a intégré l'Ensim apres des études d'ingénieur au Cameroun.
"Je voulais me spécialiser en France, raconte-t-il. J'avais le choix entre quatre écoles. J'ai opté pour l'Ensim. J'en suis ravi. Les trois années passées ici sont une sacrée expérience. J'ai fait mon stage au centre STMicroelectronics d'innovation et d'intégration systèmes à Grenoble, la société a décidé de me garder. Je vais travailler sur les systèmes embarqués, ma spécialité. C'est dire que mon passage à l'Ensim a convaincu les recruteurs. Même si je ne retourne pas au Cameroun, j'espère transmettre dès que possible mes connaissances là-bas."

"UN NIVEAU TRÈS POINTU..."

Radouane Chahhab, 25 ans, vient de décrocher, au bout de trois ans, son diplôme d'ingénieur en informatique à l'Ensim. "J'avais une licence au Maroc, relate Radouane. J'ai intégré l'Ensim par choix grâce à Campus France, car l'Ensim allait me permettre de me spécialiser en développement informatique. J'ai trouvé ici un excellent encadrement et des professeurs tres comptétents. Ils m'ont permis de mettre rapidement à jour mes connaissances en informatique".
"L'ensim offre d'excellentes opportunités professionnelles. J'ai pu suivre un stage dans un grand groupe : Thales Air System. L'Ensim m'a ouvert les portes du monde avec un niveau de connaissances très pointu."

UN RÊVE EXAUCÉ POUR DIANE

Diane Compagnon, jeune Lyonnaise de 23 ans, vient de décrocher son diplôme d'ingénieur en vibrations, acoustique et capteurs à l'Ensim.
"Depuis le lycée je voulais faire de l'acoustique, explique-t-elle. Il n'y a que l'Ensim qui assure cette spécialité. J'ai décidé de venir. J'ai trouvé ici une excellente ambiance de travail, la plupart des étudiants font de la musique, donc de l'acoustique. Ça m'a permis de faire des belles rencontres et réaliser mon rêve. Je n'aurais pas pu le faire si j'étais restée à Lyon. L'Ensim est reconnue en tant qu'important pôle acoustique. Je me réjouis d'avoir fait cette école."

LA 16è PROMOTION COMPTE 58 DIPLÔMÉS

BIO EXPRESS Pascal Leroux

14 janvier 1967 : Naissance à Mayet

 

1989 : Maîtrise en micro-informatique et micro-electronique à l'Université du Maine

 

1995 : Doctorat en informatique à l'Université Paris 6 Pierre et Marie Curie

 

1996 : Maître de conférence à l'Université du Maine

 

2003 : Professeur en informatique à l'Université du Maine

 

2007 : Nommé directeur de l'Ensim